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Fugazi is a music group from Washington, D.C. that, over a 10 year period, has made music external to the whims of the marketplace. Music which is always sonically tough, freaked-out, and, importantly, consciously independent from the industry marketing/publicity machine, despite that machine's constant demands for
submission. Indeed, Fugazi has a communard's ethic of autonomy, with singer/guitarist Ian Mackaye still booking the gigs (typically in theaters and halls from the vaudeville/James Brown Entertainment era) and retaining
ownership of Fugazi's label, Dischord Records. Such a feat is typical enough in the underground, but the extent of FugaziÕs popularity, both live and recorded (over a million records sold), is what makes it both notable as an example, and threatening to the investors, CEOs, and various other trolls who comprise "the industry." Fugazi's example is present in all their endeavors, as their gigs are unrivaled for showmanship and crazed, soulful
catharsis. Their records and ticket prices are beyond low, their professional manner is courteous, and their money is where their mouth is, having raised over $100,000 for D.C. social-service groups, five dollars at a time, as they try to resuscitate this most colonized and third world of American cities. (English continues on page 5)
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FUGAZI. Difficile de parler de Fugazi comme d'un groupe classique, à une époque où tout est réchauffé et où tous les genres musicaux sont ressuscités et remis au goût du jour. En opposition complète avec la politique menée par les grandes maisons de disques, Fugazi continue à jouer dans son propre monde. Celui des questions taboues, des instruments désaccordés ou bien simplement celui qui a trait aux problèmes sociaux. Le témoignage le plus parlant de cette époque Fugazi reste sans contestation le travail réalisé par le photographe Glen E. Friedman qui renforce la cause de la bande à Ian Mackaye.
La résistance continue et le message passe dans un déversement musical qui refuse toute forme de banalisation, jusqu'à rejeter l'image dorée du "rock n'roll performer". Depuis sa naissance, le rock n'roll a toujours été associé à l'image du rebelle solitaire, tel James Dean ou encore Marlon Brandon dans "Wild one", ces deux héros incarnant la rébellion et l'anticonformisme face à des valeurs sociales comme l'école ou la famille. Aujourd'hui, ces mêmes rebelles pourraient s'appeler Ice T, qui revendique le "Cop killing", ou encore Bono de U2 qui annonçait son intention de "plaisanter avec le mainstream" lors de la cérémonie des awards de MTV.
Pourtant, dans tout ce brouhaha il existe encore un groupe qui,

depuis ses origines, se refuse à tout compromis. Délaissé par une industrie musicale à l'eau de rose et crachant sur cette mafia du "music business", Fugazi continue de suivre sa ligne de conduite. Tout ça sans concession. Plutôt rare dans une société qui ne laisse pas souvent le libre choix.
Issue de la scène punk de Washington D.C., cette formation pas comme les autres dépasse le million d'albums vendus à travers le monde. Son mode de fonctionnement malgré une réputation gagné à force de sueur, de décibels et de tournées n'en reste pas moins archaïque. Croyez le ou non mais c'est encore le guitariste chanteur Ian Mackaye qui booke les concerts et qui demeure le propriétaire du label, Dischord records. C'est bien là que réside le problème pour les gros de cette industrie. Fugazi est dangereux parce qu'il ne laisse aucune chance à un de ces "mafiosi" d'exercer un quelconque contrôle sur le groupe. De l'écriture à l'enregistrement, en passant par les prix des billets de concert, tout est mis en place pour que rien n'échappe à Fugazi. Une manière professionnelle qui déroute les autres pros.de la musique, mais qui marche quand même. Fugazi trouve l'argent gröace aux chansons. En d'autres mots, l'argent vient du fond de la gorge. Ils ont d'ailleurs réussi à rassembler plus de 100 000 dollars pour le service social de Washington DC.
Aujourd'hui, les nouveaux chemins de la "rock n'résistance" les entraöient au Chili, en Malaisie ou dans le Cercle Artique pour continuer à prêecher la bonne parole. Souvent copiés ou imités, mais jamais égalés, par le renaissance punk rock de cette fin de siècle, les Fugazi demeurent les seuls à avoir su rester fidèles à leurs idées. Du fin fond d'une chambre d'hôtel trashée façon rock star, on peut encore se poser la question: "Qui sont les vrais rebelles?"
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